Association des Lecteurs de Claude Simon

Des routes des Flandres

Dernière modification le samedi 16 août 2014

En mai 1940, sur des routes des Flandres le régiment de Simon, à cheval, avance puis bat en retraite contre l’armée allemande. Le matin du 17 mai, le premier escadron tombe dans une embuscade à l’entrée du village de Cousorle. Simon s’en évade à pied. Après quelques heures de marche solitaire, il retrouve son colonel sur la route de Solre-le-Château.

La poignée de cavaliers se dirige vers Avesne-sur-Helpe, mais à Beugnies, à la sortie de Sars-Poteries, le colonel est abattu en pleine route. Simon, fait prisonnier le 18 mai, est transporté au stalag IVB à Mülhberg sur Elbe.

Quelques heures avant le passage de Simon et du Colonel Rey, Rommel, a effectué une rapide percée, sur la même route entre Solre-le-Château et Avesnes (nuit du 16 au 17 mai).

Au matin du 17 mai 1940 et suivis seulement de deux cavaliers, deux officiers (les colonels d’une brigade) suivent au pas de leurs montures la route de Solre-le-Château à Avesnes dont les bas-côtés sont bordés de ce sillage à la fois pathétique et répugnant que la guerre laisse derrière elle, fait de véhicules de toute sorte, abandonnés ou détruits, certains achevant de se consumer (petites flammes jouant encore à se poursuivre sur les carcasses, puanteur de caoutchouc brûlé), de chevaux morts, de bagages crevés, d’objets les plus hétéroclites éparpillés et poussiéreux. (Le Jardin des Plantes, p. 71)

Les trajectoires respectivement suivies par S. et R. se trouveront confondues sur une courte distance (d’environ cinq kilomètres), chacune empruntant à quelques heures d’intervalle la route qui mène de Sorle-le-Château à Avesnes, très exactement entre le lieu-dit Le Trianon et la sortie ouest de la petite agglomération de Beugnies où l’un des deux colonels suivis par S. (qui, à ce moment, constituera avec un autre cavalier toute leur escorte) sera abattu. Il sera alors environ dix ou onze heures du matin. Il fera très beau et le soleil printanier brillera sur les prés, les haies d’aubépine en fleurs, les vergers, teintant de saumon les fumées qui çà et là s’élèveront parfois de véhicules achevant de se consumer, étincelant sur les toits d’ardoise des fermes. Rommel sera passé là au cours de la nuit à la tête de sa division et, sur sa lancée, aura continué tout droit sur Avesnes, Landrecies et Le Cateau, entamant le parcours jalonné de victoires qui le conduira quatre ans plus tard à croquer une pastille de cyanure. (Le Jardin des Plantes, p. 159-160)

Les quatre photos ci-dessous montrent le croisement à l’est du village de Cousorle où le premier escadron du régiment de Claude Simon est tombé dans une embuscade le matin du 17 mai 1940. La troisième photo montre le talus qui a sauvé la vie à Simon.

- à lire : « Le petit ’historique’ du 31e dragons » (1984), p. 1227-1233 dans le premier volume des Œuvres dans la Pléiade

- voir aussi : « Les errances de Georges », dessin de Claude Simon

- et les photographies de Pascal Mougin

- localiser sur la carte des lieux de mémoire simoniens

Mots-clés

Avesnois  La Route des Flandres  Le Jardin des Plantes 
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