Association des Lecteurs de Claude Simon

Chronologie de la vie et de l’œuvre de Claude Simon

Dernière modification le lundi 15 février 2016

Cette chronologie a été rédigée pour ce site par Alastair Duncan et Christine Genin en 2012.

1874

27 juillet : naissance d’Antoine Louis Eugène Simon, père de Claude Simon, aux Planches, hameau près d’Arbois dans le Jura, dans une famille modeste.

1877

8 novembre : naissance à Perpignan de Suzanne Joséphine Louise Denamiel, mère de Claude Simon, dans une famille de tradition militaire, propriétaire de vignobles.

1895

Louis Simon est reçu au concours d’entrée à Saint-Cyr.

1898-1909

Louis Simon, lieutenant, sert à l’étranger dans divers régiments d’Infanterie de marine coloniale :
Martinique (octobre 1898-mai 1902)
Madagascar (octobre 1902-mai 1906)
et Tonkin (juin 1908-novembre 1909) où il est promu capitaine.

1910

8 février : mariage de Louis Simon avec Suzanne Denamiel.

1912

25 avril : nommé au 2e régiment de tirailleurs malgaches, le capitaine Louis Simon s’embarque à Marseille avec sa femme à destination de Madagascar.

1913

10 octobre : naissance de Claude Eugène Henri Simon à Tananarive.

1914

Mai : retour en France de Louis Simon, sa femme et leur fils unique, Claude, accompagné par sa nourrice malgache, Razaph.
début août : Louis Simon est mobilisé à Perpignan, dans le 24e régiment d’infanterie coloniale.
27 août : le capitaine Louis Simon est tué au combat dans la forêt de Jaulnay, près de Stenay, dans la Meuse.
Claude et sa mère apprennent la mort de Louis à l’hôtel Ibrahim-Pacha de Vernet-les-Bains, où l’enfant est en cure.
Claude Simon est ensuite élevé à Perpignan par sa mère.
Il passe également une partie de l’été, généralement le mois d’août, chez ses tantes Simon à Arbois.

1919

À la fin de l’été 1919, l’enfant et sa mère, accompagnés d’Eugénie et d’Arthémise Simon, sœurs de Louis, parcourent la Meuse dévastée, à la recherche de la tombe de son père.

1922

19 avril : mort, à Perpignan, de Louise Marianne Denamiel, grand-mère de Claude Simon.

1925

22 avril : Simon entre au collège Stanislas, à Paris, comme pensionnaire dans la classe de 5e verte.
5 mai : la mère de Claude Simon meurt à Perpignan d’un cancer qui l’affaiblissait depuis plusieurs années.
Selon la volonté de sa mère, Simon est placé sous la tutelle d’un cousin germain de celle-ci, Paul Codet.

« Dans ma vie j’ai eu trois familles très différentes, celle de ma mère, celle de mes tantes à Arbois, et celle de mon tuteur. »

1928

Été : Simon fait un séjour linguistique de six semaines à Oxford.

1929

Juillet : Simon passe la première partie du baccalauréat A’ : latin sans grec, puis fait un deuxième séjour linguistique, à Cambridge.

1930

Juillet : deuxième partie du baccalauréat, option mathématiques. Simon est renvoyé de Stanislas à la suite d’un chahut. Conformément au désir de sa mère qui souhaitait le voir à l’École Navale ou à Polytechnique, Simon s’inscrit en Mathématiques supérieures au lycée Saint-Louis, expérience qui tourne court.

1931

Il retourne à Perpignan et fait de la peinture.

1932

Simon rencontre Lucie Renée Clog, qui sera sa compagne puis son épouse pendant 12 ans.

1933

Simon est à nouveau accueilli à Paris chez son tuteur, Paul Codet, qui deviendra sous-directeur du musée de l’Armée à l’Hôtel des Invalides.
Il s’inscrit à l’académie d’André Lhote pour suivre des cours de peinture et s’essaie à la photographie. Certaines de ses photos seront publiées en revue avant la guerre, par exemple « Danseuses », dans Verve, no 4, novembre 1938.
Pendant les années qui suivent, Simon découvre le surréalisme, dans la revue Le Minotaure et au cinéma avec Un Chien andalou et L’Âge d’or de Buñuel et Dali. Il lit Proust, Balzac, Flaubert, Zola, Céline et Joyce.

1934

À vingt et un ans, Simon entre en possession de la fortune léguée par sa mère.

1934-1935

Simon fait son Service militaire au 31e régiment de dragons à Lunéville. Depuis l’âge de treize ans Simon monte à cheval.

1936

Simon se met à écrire.
« En 36 j’ai écrit un premier roman que j’ai déchiré. »
Avec un ami communiste, Louis Montargès, Simon passe la dernière quinzaine de septembre à Barcelone où il assiste à quelques moments de la Révolution espagnole.

1937

Fin mai à fin juillet : voyage, avec son ami Afred Cassou, à Berlin, Varsovie, Moscou, Odessa. Retour par Istanbul, la Grèce et l’Italie (Arezzo notamment).
Tous les étés : séjours à Perpignan et à Collioure. Simon continue à peindre.

1938

Simon commence la rédaction du roman qui deviendra Le Tricheur. Il en écrit à peu près la moitié avant d’être mobilisé.

1938-1939

Simon découvre Kafka, qu’il lit en français, et Le Bruit et la Fureur de Faulkner, paru en traduction française en novembre 1938.

1939

27 août : le jour anniversaire de la mort de son père durant la Première Guerre mondiale, Simon est mobilisé comme brigadier au 31e dragons.
Son régiment passe l’hiver de la drôle de guerre dans les Ardennes.

1940

2 janvier : Simon se marie avec Lucie Renée Clog, sa compagne depuis huit ans.
10 mai : pour contrer l’offensive allemande en Belgique, la 4e division légère de cavalerie de la 9e armée (commandée par le général Corap), à laquelle appartient le 31e dragons, avance à sa rencontre.
11 mai : le régiment, à cheval, traverse la Meuse, mais face aux chars et sous l’attaque de l’aviation allemande, les cavaliers du 31e vont battre en retraite pendant huit jours.
17 mai : le 1er escadron du régiment tombe dans une embuscade. Simon en réchappe et tente de rejoindre les lignes françaises. Quelques heures plus tard, il verra son colonel se faire abattre en pleine route. Le lendemain il sera fait prisonnier.

Le 27 mai, il arrive au stalag IV B à Mühlberg an der Elbe, dans le sud du Brandebourg.
Octobre : ayant réussi à se faire passer pour un Malgache de souche, Simon est rapatrié en France avec d’autres prisonniers d’origine coloniale. Dès son arrivée dans un camp dans les Landes, il s’évade, le 27, et regagne Perpignan.

1941

Simon lit beaucoup : Conrad, Dostoïevski, Tchékhov, tout Proust — « C’est en le relisant, pendant la guerre, que j’ai vraiment apprécié ce géant » —, l’œuvre complète de Balzac. Il continue à peindre.
Avril : Simon termine Le Tricheur.
Simon se lie d’amitié avec des peintres, Raoul Dufy, réfugié à Perpignan, et Jean Lurçat. Par leur intermédiaire, il fait la connaissance d’Edmond Bomsel, lecteur et conseiller de Léon Pierre-Quint aux Éditions du Sagittaire, saisies par les autorités comme bien juif. Bomsel lui propose de publier Le Tricheur après la guerre.

1944

Février : ayant rendu quelques services à la Résistance, Simon apprend qu’on va le dénoncer à la milice. Il doit quitte Perpignan et rejoint Paris où il héberge un centre de renseignements de la Résistance.
19 mars 1944 : Simon assiste à la lecture de la pièce de Picasso Le Désir attrapé par la queue, chez Michel Leiris, mise en scène par Camus, et avec la participation, entre autres, de Sartre et Simone de Beauvoir.
À partir d’avril, et jusqu’à la libération de Paris en août, l’appartement de Simon sert de lieu sûr pour un centre de renseignements de la Résistance.
7 octobre : suicide de Renée Clog.

1945

Printemps : parution du Tricheur au Sagittaire.

1947

Printemps : Parution de La Corde raide au Sagittaire.

1948

12 octobre : à Arbois Simon signe l’acte de vente de la maison de ses tantes Louise et Arthémise qui sont restées à Perpignan.

1951

Atteint de tuberculose, Simon est alité pendant cinq mois et restera deux ans physiquement diminué.

« J’ai vécu durant cinq mois allongé. Avec pour seul théâtre une fenêtre. Quoi ? Que faire ? Voir (expérience du voyeur), regarder avidement. La vue, la lenteur et la mémoire. »

9 octobre : mariage de Simon avec Yvonne Ducuing.

1952

Parution de Gulliver chez Calmann-Lévy.
Convalescence à Saint-Gaudens.
Simon écrit une analyse détaillée de L’Adolescent de Dostoïevski. Il commence à rédiger Le Sacre du printemps.

1954

Parution du Sacre du printemps chez Calmann-Lévy.

1955

25 mai : mort d’Arthémise Simon à Perpignan.
Au moment où il écrit Le Vent, Simon prend des photos en noir et blanc, surtout à Perpignan et aux environs ; à partir de 1960, il interrompra pendant quelques années cette activité.

1956

À l’abbaye de Royaumont, Simon fait la connaissance d’Alain Robbe-Grillet, alors conseiller aux Éditions de Minuit, qui lit le manuscrit du Vent et le transmet à Jérôme Lindon.
Durant l’été, visite à Pablo Picasso qu’il a connu grâce à Jacques Prévert à Antibes.

1957

Septembre : parution du Vent, aux Éditions du Minuit, où paraîtront tous les romans suivants.

1958

Octobre : parution de L’Herbe.

1960

Septembre : parution de La Route des Flandres, qui reçoit le prix de L’Express.
Le même mois, Simon signe le Manifeste des 121, qui prône le droit à l’insoumission contre la guerre d’Algérie. Il est inculpé d’injures à l’armée française.
Novembre : Simon témoigne au procès du réseau Jeanson, qui soutenait l’action du F.L.N. algérien.

1961

Pendant l’hiver, Simon assiste à une série de réunions chez Jérôme Lindon, avec Alain Robbe-Grillet, Jean Ricardou, Claude Ollier et Jean Thibaudeau.
11 janvier : Simon donne une conférence à la Sorbonne : « Signification, roman et chronologie ».
16 mars : il assiste à un cours au Collège de France, où Merleau-Ponty parle de son œuvre.
Simon écrit le scénario d’un film adapté de La Route des Flandres.

« À partir d’un roman comme La Route des Flandres, essentiellement composé d’une suite d’images, il m’a été très facile d’écrire le découpage d’un film où tout (place et mouvement des acteurs, de la caméra, cadrages, décors), est indiqué d’une façon très détaillée. »

1962

Mars : Simon rencontre Réa Karavas, avec qui il se mariera par la suite.
Avril : parution du Palace. – Voyage en Italie avec Réa.
Simon publie « Gastone Novelli and the Problem of Language », préface au catalogue d’une exposition de l’œuvre du peintre italien à New York. Simon avait fait la connaissance de Gastone Novelli en 1961.

1963

Simon commence à remettre en état une maison familiale dont il a hérité à Salses, dans les Pyrénées-Orientales. Il prend l’habitude d’y passer les mois d’été.
6 mars : Simon assiste au théâtre de Lutèce à la première de La Séparation, pièce qu’il a tirée de L’Herbe.
Été : Simon donne une conférence à Lahti, en Finlande.

1964

28 mai : à la suite à de la publication dans Le Monde d’une interview où Sartre déclare que « En face d’un enfant qui meurt, La Nausée ne fait pas le poids », Simon répond dans un article publié dans L’Express et intitulé « Pour qui donc écrit Sartre ? ».
7 décembre : dans une « Lettre ouverte à l’Union des Étudiants communistes » qui paraît dans L’Express, Simon explique pourquoi il a refusé de participer à un meeting avec Sartre et d’autres.

1966

Parution de Femmes chez Maeght : texte de Simon sur vingt-trois planches en couleur de Miró.

1967

Mars : parution d’Histoire, qui reçoit le prix Médicis.

24-25 avril : Simon participe, par une conférence, à un colloque à Vienne sur « Littérature : tradition et révolution ».
Octobre : voyage en Grèce qui jouera un rôle dans la genèse de La Bataille de Pharsale.

1968

Automne : première visite à New York. Invité par plusieurs universités américaines, Simon fait le tour des États-Unis.

1969

Août : Simon assiste à un congrès d’écrivains tenu à Santiago du Chili.
Septembre : parution de La Bataille de Pharsale.

1970

Avril : parution d’Orion aveugle, chez Skira, dans la collection « Les Sentiers de la création ».

1971

Mars : parution des Corps conducteurs, où s’intègre (hormis la préface) le texte d’Orion aveugle.

20-30 juillet : à Cerisy-la-Salle, colloque sur le nouveau roman présidé par Françoise van Rossum Guyon et Jean Ricardou. Simon y assiste en partie et fait une conférence, « La Fiction mot à mot », qui sera publiée dans les actes Nouveau Roman : hier, aujourd’hui. En l’absence de Simon, un débat sur le statut des référents dans le roman révèle une divergence de points de vue entre Simon et d’autres participants, notamment Jean Ricardou et Alain Robbe-Grillet.

1973

Janvier : parution de Triptyque.
Juillet : doctorat honoris causa de l’université d’East Anglia.
Août : voyage en Finlande. Simon écrit les textes « Archipel » et « Nord » qui paraissent en octobre et novembre.

1974

Du 1er au 8 juillet : colloque « Claude Simon : analyse, théorie » dirigé par Jean Ricardou, à Cerisy-la-Salle. Simon y assiste avec Réa. Dans « Claude Simon, à la question », publié dans les actes du colloque, Simon répond aux questions des participants.

1975

Février : voyage en Inde. Simon donne des conférences à New Delhi et dans d’autres villes universitaires.
Juin : à partir d’un scénario tiré par Claude Simon lui-même du roman Triptyque, et dans le cadre d’un documentaire sur sa pratique d’écrivain, la Saarländischer Rundfunk tourne, avec la participation de Simon, un court-métrage de douze minutes intitulé Die Sackgasse (L’Impasse).
Simon donne une conférence sur Proust à l’université d’Oslo : « Le Poisson cathédrale ».
Septembre : parution de Leçon de choses.

1976

Simon revient à un projet de film tiré de La Route des Flandres. Il fait une demande d’avance sur recettes que lui sera accordée au printemps 1977. Mais le projet tourne court en 1978.

1978

Découverte des papiers du général Lacombe Saint-Michel.
Septembre : Simon donne une conférence à Göteborg, « Roman, description et action ».

1981

Septembre : parution des Géorgiques.

1982

21 Mai : colloque à Genève. Simon donne une conférence , « ‘L’Absente de tous bouquets’ ».
Septembre : colloque à New York, organisé par Tom Bishop, avec la participation de Claude Simon, Alain Robbe-Grillet, Nathalie Sarraute et Robert Pinget. Les romanciers prennent leurs distances à l’égard de Jean Ricardou.

1983

Février : parution, chez Minuit, de La Chevelure de Bérénice, qui reprend le texte de Femmes, mais sans les peintures de Miró.

1984

Voyage à Moscou.

1985

17 octobre : le prix Nobel de littérature est décerné à Claude Simon.

9 et 10 décembre : Simon prononce à Stockholm le discours traditionnel du lauréat devant l’Académie suédoise et reçoit le prix Nobel.

1986

Mars : parution du Discours de Stockholm aux Éditions de Minuit.
Octobre : invitation au forum d’Issyk-Koul, à Frounze au Kirghizstan, en compagnie de quinze autres invités de marque, dont Peter Ustinov, James Baldwin et Arthur Miller. Lors du voyage de retour, les invités sont reçus par Gorbatchev, à Moscou.
14 et 15 novembre : Colloque à Genève, organisé par Lucien Dällenbach. Certaines interventions seront publiées dans Sur Claude Simon (Minuit, 1987).

1988

Janvier : parution de L’Invitation.
Publication d’Album d’un amateur.
22 Janvier : Simon assiste à une réunion des lauréats du prix Nobel à Paris.

1989

Septembre : parution de L’Acacia.
Octobre : Lors de la remise du doctorat honoris causa de l’Université de Bologna, Simon donne une conférence, « Problèmes que posent le roman et l’écriture ».
Octobre-novembre : voyage au Japon.

1992

Parution de Photographies, 1937-1970, chez Maeght. Exposition des mêmes photographies à la galerie Maeght à Paris.
9 avril-4 mai : Exposition d’autres photographies à la galerie du Château-d’Eau, à Toulouse.

1993

Octobre : voyages et conférences aux États-Unis et au Canada.
29 octobre : Simon donne une conférence « Littérature et mémoire » à l’université de Kingston, lors de la remise d’un doctorat honoris causa.

1994

Publication de la correspondance de Simon avec Jean Dubuffet, Correspondance, 1970-1984, aux Éditions de L’Échoppe.

1996

Mai : Claude Simon se rend à Arbois. Son nom est donné à une rue du hameau des Planches.

1997

Septembre : parution du Jardin des Plantes.

1998

La Route des Flandres figure au programme de l’agrégation.

1999

28 février : mort d’Yvonne Ducuing.

2001

Mars : parution du Tramway.

2005

6 juillet : mort de Claude Simon à Paris.

2006

Février : parution du tome 1 des Œuvres de Claude Simon dans la Bibliothèque de la Pléiade.

2009

Janvier : parution d’Archipel et Nord chez Minuit.

2012

Février : parution de Quatre Conférences.

2013

Le Centenaire de Claude Simon donne lieu à de nombreux événements
Février : parution du tome 2 de ses Œuvres dans la Bibliothèque de la Pléiade.
Octobre 2013- janvier 2014 : Exposition Claude Simon. « L’Inépuisable chaos du monde » à la BPI

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