Association des Lecteurs de Claude Simon

Nouveau Roman. Correspondance, 1946-1999

Dernière modification le jeudi 27 janvier 2022

Michel Butor, Claude Mauriac, Claude Ollier, Robert Pinget, Alain Robbe-Grillet, Nathalie Sarraute et Claude Simon

Nouveau Roman. Correspondance, 1946-1999

Édition de Carrie Landfried et Olivier Wagner, publiée sous la direction de Jean-Yves Tadié. Paris : Gallimard, juin 2021. 336 p. (Collection Blanche)

Présentation de l’éditeur

« Dès les années 1970, les auteurs du nouveau roman, réunis autour des Éditions de Minuit, se défendent d’appartenir à un mouvement littéraire commun.

Pourtant, dans cette correspondance inédite, initiée par Claude Ollier et Alain Robbe-Grillet, puis échangée en septuor, on découvre de véritables liens. Vieux amis, protecteurs, complices ou adversaires, Michel Butor, Claude Mauriac, Claude Ollier, Robert Pinget, Alain Robbe-Grillet, Nathalie Sarraute et Claude Simon se soutiennent, se lisent, s’éloignent… Toute la richesse de leurs émotions se lit dans ces pages. Leurs lettres révèlent l’existence d’un moment nouveau roman. Ce lien perdure jusqu’à la mort de Nathalie Sarraute, bien après que leurs œuvres se sont imposées sur les bancs universitaires.

Pièce justificative de l’une des aventures littéraires les plus intenses du siècle passé, la correspondance du nouveau roman permet de retracer, chapitre après chapitre, son histoire. »

Ouvrage publié avec le soutien de la Fondation d’entreprise La Poste.

- sur le site des éditions Gallimard

Les lettres de Claude Simon

Le volume offre 36 lettres, pour la plupart inédites, de Claude Simon. Il s’y présente comme à l’écart du milieu littéraire parisien et surjoue volontiers son personnage de paysan (« lorsque j’en aurai enfin fini avec mes sombres et sordides histoires de vinasse… » écrit-il à Alain Robbe-Grillet le 10 mai 1958 (p. 146) ; et il demande à Nathalie Sarraute, le 21 décembre 1962, son « indulgence pour le grossier et naïf paysan que je suis, plus à l’aise dans ses vignes que dans la brillante, redoutable et subtile société des salons parisiens… » (p. 220).

Il met en avant son activité de vigneron :

« C’est que je n’ai pas beaucoup de temps. J’ai même dû m’arrêter complètement de travailler au bouquin que j’ai en train pour m’occuper des vendanges dont la fin a été rendue difficile par des trombes d’eau et des inondations. » (à Claude Ollier, le 9 novembre 1965, p. 241)

pour refuser les séances de signature :

« Comme vous le savez et comme l’événement […] le confirme, je ne dispose, dans les milieux littéraires, distingués et mondains, d’aucune de ces précieuses relations capables de « faire vendre ».
Dans ces conditions, ne vaudrait-il pas mieux m’éviter le ridicule d’aller faire de la figuration dite « intelligente » derrière une table chargée de bouquins que, selon toute probabilité, personne ne viendra demander » (à Alain Robbe-Grillet, le 27 novembre 1958, p. 154)

Là comme ailleurs, il aime à rappeler qu’écrire est un labeur :

« Je continue à suer sang et eau sur mon malheureux bouquin. Cette fois c’est plutôt le genre « mécanique de précision — finition main », que mayonnaise. Aussi jusque la dernière petite vis soit posée tout peut encore s’en aller en morceaux. » (à Claude Ollier, carte de vœux fin 1959 / début 1960, p. 184).

Il refuse de participer à un projet de Dictionnaire du Nouveau roman (p. 209-211), se moque dans les années 80 des prétentions de Jean Ricardou à diriger le Nouveau Roman (p. 278), ou échange en 1998 avec Claude Ollier sur la montée de l’extrême droite en France (p. 300-303).

À Michel Butor qui lui écrit le 18 mars 1986 à propos du Prix Nobel :

« J’ai été moi-même fort déçu par le peu d’écho qu’a reçu votre distinction dans la presse, les média, l’université, auprès du gouvernement même de notre pays. » (p. 290)

il répond le 24 mars 1986 :

« Oui, ce Nobel a été accueilli en France avec des grincements de dents. C’est bon signe. Je veux dire qu’on dérange toujours. Que souhaiter de mieux ?... » (p. 291)

Mots-clés

Correspondance  Nouveau Roman 
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