Association des Lecteurs de Claude Simon

Gosselin, Katerine. Claude Simon et Marcel Proust : lecture d’une "recherche du temps perdu" simonienne (2011)

Dernière modification le jeudi 2 mai 2013

Katerine Gosselin. Claude Simon et Marcel Proust : lecture d’une « recherche du temps perdu » simonienne. Thèse soutenue à l’Université McGill (Montréal) en janvier 2011 sous la direction d’Isabelle Daunais)

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Cette thèse de doctorat porte sur le rapport qu’entretient l’œuvre de Claude Simon avec la Recherche du temps perdu de Proust. En observant la systématisation et la convergence dans L’Acacia des pratiques de l’intertextualité proustienne et de l’intertextualité restreinte, elle propose de lire les romans familiaux simoniens (La Corde raide, L’Herbe, La Route des Flandres, Histoire, Les Géorgiques et L’Acacia) comme un cycle romanesque, qui se constitue comme tel en réponse à la Recherche. Cette réponse s’inscrit dans un dialogue intertextuel que poursuivrait Simon avec Proust, apportant une résolution à la double impossibilité (après la Deuxième Guerre, notamment) de reconduire l’entreprise proustienne et de rompre complètement avec elle – de l’« ignorer » comme le dit Simon. Sans reconduire l’entreprise proustienne, Simon énonce dans le « cycle de l’acacia » une entreprise romanesque qui garde la mémoire du texte proustien en travaillant à partir de lui, et qui se constitue à même ce travail dans sa différenciation. Cette thèse reconstitue dans le « cycle de l’acacia » les différentes étapes d’un parcours qui se définit, en réponse à la Recherche, comme un parcours en écriture, nouveau terrain que propose Simon pour la « recherche », où l’écriture de la vie devient la vie même, et engage ainsi une série de réécritures. Il en ressort, en contre-proposition à l’idéal proustien du Livre, une définition de la littérature comme (long, infini) travail scriptural, manière de valoriser l’accomplissement de l’écriture proustienne contre le projet narratif qui l’encadre.

Claude Simon and Marcel Proust : Reading a Simonian « Search for Lost Time »

This thesis explores the connection that holds between the work of Claude Simon (1913-2005) and that of Marcel Proust (1871-1922). Taking the systematisation and the confluence of Proustian intertextuality and intra-intertextuality in The Acacia (1989) as its starting point, it proposes a reading of Simon’s family saga novels (The Tightrope, The Grass, The Flanders Road, Story, The Georgics and The Acacia) as a cycle of novels (the « acacia cycle ») formed as such in reply to Proust’s Search for Lost Time. This reply is part of an on-going intertextual dialogue between Simon and Proust, and serves as a solution to the doubly impossible task (especially after World War II) of extending the Proustian novelistic project whilst breaking with it entirely – or « ignoring » it, as Simon put it. Without extending the Proustian project, the « acacia cycle » initiates a novelistic project which bears traces of the Proustian text by dint of working from it, and which is yet formed in opposition to it. This thesis charts the development of a path across the Simonian « acacia cycle » which defines itself, in reply to Proust’s Search for Lost Time, as a path in writing. Simon proposes this as new ground for the novelist’s « search », where life-writing becomes life itself – and thus generates a series of re-writings. As a counter-proposal to the Proustian life-novel, Simon puts forward a definition of literature as a (long, infinite) scriptural work, a way of giving value to the achievement of Proustian prose, contrary to its narrative frame.

Mots-clés

Gosselin, Katerine  Proust, Marcel 
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