Association des Lecteurs de Claude Simon

Le cheval (2015)

Dernière modification le lundi 15 février 2016

Claude Simon. Le cheval
Rigny : Le Chemin de fer, 2015. 96 p. Avec une postface de Mireille Calle-Gruber. Couverture dessinée par Pauline Nunez

Présentation de l’éditeur :

– Qu’est-ce que tu préférerais, dit-il  : mourir de faim ou mourir de cafard  ?
– Mourir d’amour, dis-je.
– Déjà vu mourir quelqu’un comme ça  ?
– Non, dis-je. Si, dans les livres  : Tristan.
– Ce n’est pas d’amour qu’il est mort, c’est de ne pas pouvoir le faire. Et puis ne me parle pas de ce sale cochon de Nazi.
– Il y en a qui en meurent, dis-je.
– Du Nazisme  ?
– Du Nazisme bien sûr, dis-je. Mais je parlais de l’amour.
– Ah  ! dit-il. Qui ça  ?
– Les vérolés.
– Tu en es sûr  ? dit-il. Tu en as vu  ?
– Non, dis-je. Mais je l’ai lu.
– De combien de choses es-tu sûr que tu n’aies pas lues  ?
– D’être vivant.

Publié dans Les lettres nouvelles, en février et mars 1958, et jamais réédité depuis, « Le cheval » est le premier jalon de l’histoire du cavalier-brigadier rescapé des Flandres durant la débâcle de quarante que Claude Simon n’a eu de cesse ensuite de recomposer, à commencer par La route des Flandres, qui paraît deux ans plus tard. II serait pourtant bien réducteur de considérer Le cheval comme un simple brouillon du roman à venir. Ce « pur cristal taillé, facetté avec art », comme l’écrit Mireille Calle-Gruber dans sa postface, est un récit singulier et autonome, qui éclaire magistralement l’œuvre de Claude Simon, couronnée en 1985 par le prix Nobel de littérature.

« Le tissage des thèmes est resserré sur une péripétie fictionnelle de 48 heures – durée tragique pendant laquelle il ne se passe rien. Rien et tout. Rien  : l’arrivée d’un régiment en cantonnement dans un village du nord de la France près du front  ; la misère des paysans  ; l’apparition d’un personnage féminin et l’écho d’un vaudeville campagnard avec adultère, cocufiage, inceste et vendetta  ; la mort d’un cheval, veillé et enterré  ; le départ du régiment. Tout  : la mort alentour du paysage et des personnages à vau l’eau  ; l’agonie humaine du cheval et du camarade juif  ; la tragédie “atridesque” des déchirements de famille, de classe, de race  ; la prise de conscience cynique des frustrations d’une jeunesse sacrifiée, n’ayant plus foi ni idéal, son massacre annoncé dans une guerre absurde, invisible, désespérée. Déréliction et apocalypse. » Mireille Calle-Gruber

- sur le site de l’éditeur

- feuilleter les premières pages

- Bernard Revel. « Claude Simon, Paul Pugnaud : signes de vie », Les Vendangeurs littéraires, 9 décembre 2015

- Marie Étienne. « Un cheval dans la guerre ». En attendant Nadeau, janvier 2016. Avec deux lettres de Claude Simon à Maurice Nadeau

- Voir les manuscrits et d’autres compte-rendus sur le site de l’ARCS.

Mots-clés

Calle-Gruber, Mireille  Cheval  La Route des Flandres 
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